Sous-sol - Annexe 1

De Les Mots de l'agronomie
Aller à : navigation, rechercher
Retour à l'article
Cette annexe se rapporte à l'article Sous-sol.

Le sous-sol dans les Préceptes d'agriculture pratique de Schwerz (traduction de 1839)

« Influence du sous-sol. ((en allemand, Einfluss des Untergrundes))

Si, comme on l’a dit, la nature du sol, de la couche supérieure ou arable, possède des propriétés qui modifient les influences du climat, en conservant la chaleur ou l’humidité, le sous-sol ne joue pas, dans beaucoup de circonstances, un rôle moins important.

Lorsque le sous-sol contient dans son mélange les mêmes parties constitutives, à l’exception de l’humus, que le sol lui-même, et lorsque ce mélange n’est pas mauvais en soi, c’est-à-dire lorsqu’il n’est ni trop divisé, ni trop compacte, l’un et l’autre forment ce qu’on appelle une terre profonde, qu’on regarde, avec raison, comme la meilleure, parce que l’humidité et la chaleur la pénètrent également.

D’ailleurs le sous-sol peut être plus ou moins perméable que le sol ; l’une et l’autre propriété du sous-sol peut être favorable ou nuisible, suivant les circonstances, par rapport à la propriété du sol de retenir l’humidité.

Le sous-sol perméable consiste en sable ou gravier, le sous-sol imperméable en argile ou en couches solides.

Plus le sol ou la couche arable a d’épaisseur, moins la réaction du sous-sol est sensible ; plus elle est mince, plus cette réaction est puissante.

Pour un sol serré argileux, par conséquent exposé à l’excès d’humidité, le sous-sol graveleux est le plus favorable ; pour un sol sablonneux, par conséquent exposé à la sécheresse, un sous-sol argileux est ordinairement le meilleur.

Cependant un sous-sol très perméable peut être désavantageux pour un sol très argileux, mais de peu d’épaisseur ; comme un sous-sol imperméable peut l’être à un sol très-léger, également peu épais. Dans ce cas, le sol reste noyé par l’eau ; dans l’autre, l’eau descend inutilement à une grande profondeur à travers le sable ou le gravier. Des couches de cette dernière espèce se présentent fréquemment dans les terres arables, et sont connues sous le nom de crevassantes (schrindstellen). Quelques belles qu’y paraissent les céréales, avant ou après l’hiver, elles souffrent bientôt du manque d’humidité et périssent souvent tout à fait dans les étés secs.

Un sous-sol argileux, convenablement profond, est excellent pour un sol perméable et susceptible d’une facile dessiccation, parce qu’il recueille, comme dans un réservoir, l’eau qui lui arrive à travers le sol pour la rendre plus tard et à mesure de leurs besoins aux racines des plantes. Mais, lorsqu’un sous-sol imperméable s’élève jusqu’à quelques pouces seulement de la surface, il donne lieu à de graves inconvénients, aussi bien sous un sol argileux que sous un sol sablonneux. l’eau arrêtée sur le sous-sol s’élève vers la surface, l’engrais reste sans action, le sol refroidit, devient marécageux, les racines sont longtemps baignées et pourrissent bientôt.

Quelqu’avantageux qu’il puisse être, dans le plus grand nombre de cas, de faire pénétrer la charrue jusque dans le sous-sol et d’augmenter ainsi la profondeur du sol, aussi nuisible cela peut être lorsque, comme c’est souvent le cas dans les contrées sablonneuses, ce sous-sol n’est qu’une croûte mince, recouvrant une mer de sable extrêmement perméable qui, cette croûte une fois percée, engloutit toute humidité. Dans de telles circonstances, il faut défendre absolument à la charrue tout sillon un peu profond, et labourer aussi superficiellement que ses voisins.

Lorsque le sous-sol consiste dans une couche étendue et non interrompue de pierre ou d’ocre, comme cela arrive aussi souvent dans les contrées sablonneuses, et lorsqu’un pareil sous-sol ne se trouve pas à une assez grande distance au-dessous de la surface, cette circonstance est très-nuisible aux plantes par les temps secs, ce qui n’arrive pas avec un sous-sol argileux. Lorsqu’une contrée affectée de ce défaut n’a pas du moins une certaine pente, il fait, par les temps pluvieux, le même tort aux plantes en leur laissant un excès d’humidité. Le même effet n’est pas produit par un sous-sol calcaire solide.

On ne peut assez recommander au cultivateur débutant dans un pays nouveau pour lui l’examen préalable le plus rigoureux du sous-sol ; car il est toujours moins difficile de remédier aux défauts inhérents à la surface qu’à ceux du sous-sol, sur lequel on ne peut agir qu’avec beaucoup de travail, de temps et de dépense. »

Commentaire

Il est clair que ce texte désigne sous le terme de "sous-sol" les horizons profonds et sous le terme "sol" la couche arable. En outre, il est fort judicieux au point de vue agronomique, en insistant sur l'importance des propriétés de ces horizons profonds. Pour Schwerz comme dans notre conception moderne, le sol ne se limite pas à l'horizon labouré ! Enfin, la traduction de Untergrund par "partie inférieure du sol" ou "sol d'en dessous" ne serait-elle pas meilleure que par "sous-sol" ?

Référence

Schwerz J.H.N von, [1825 ?] 1839. Préceptes d’agriculture pratique. Traduits sur la 2de édition par P.R. de Schauenburg, membre de la Société des sciences, agriculture et arts du Bas-Rhin, cultivateur à Geudertheim. Huzard, Paris, 330 p. Accessible en ligne sur GoogleBooks, ainsi que l'original allemand de la 1e édition (Anleitung zum practischen Ackerbau, Stuttgart, 3 vol, 1823, 1825 et 1828). Le paragraphe cité est le 8e (p. 19-22) du chapitre 1, intitulé "Climat" dans la traduction française, mais "climat et sol" (Klima und Boden) dans la 1e édition en allemand.

Bandeau bas MotsAgro.jpg