Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810 - Annexe 6

De Les Mots de l'agronomie
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Cette annexe se rapporte à l'article Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810.

Définitions de rotation, succession, cours de culture et assolement par Gasparin (1849)

« THÉORIE DES ASSOLEMENTS

Nous entendons par cours de culture la succession des plantes qui se succèdent sur le même terrain pendant une période d'années, au bout de laquelle on reprend la même succession de plantes, et dans le même ordre. Ainsi, le cours de culture triennal est celui-ci :

Première année Jachère.
Deuxième année Blé.
Troisième année Avoine ou blé de mars.

Nous entendons par assolement la division du champ d'un même domaine en parties égales entre elles et au nombre des années de culture, de manière que, dans la première année, par exemple, la première partie soit en jachère, la deuxième en blé, la troisième en avoine, et que, se succédant les unes aux autres chaque année, le cours de culture se perpétue, et présente toujours la même étendue pour chacun de ces emplois. Ainsi, le cours de culture ci-dessus suppose le tableau suivant de la rotation combinée avec l'assolement.

Soles
n° 1 n° 2 n° 3.
Première année Jachère Blé Avoine.
Deuxième année Blé Avoine Jachère.
Troisième année Avoine Jachère Blé.

Après l'expiration de ces trois années, chaque partie de terrain que l’on appelle sole, a passé par les trois états : jachère, blé, avoine, et l'on a terminé ce que l'on appelle une rotation. On reprend, pour les quatrième, cinquième et sixième années, l'ordre que l’on a suivi pour les trois premières, et l'on a alors une seconde rotation. Ainsi, l'assolement exprime dans l'étendue ce que le cours de culture exprime dans le temps, et la rotation est l'accomplissement, dans le temps et dans l'étendue, de la succession de culture sur toutes les terres de l'assolement.

D'après ces définitions, nous devrions plutôt donner à cette partie de notre ouvrage le titre de Théorie des successions de culture que celui de Théorie des assolements. (...) Ce qui a fait prévaloir l'expression d'assolement, c'est que c'est un mot simple, tandis qu'il en faut trois dans notre langue pour exprimer l'idée de succession des cultures ; celle-ci est bien cependant l'expression la plus générale et celle qui doit être logiquement préférée ». (tome 5, p. 4-5)

Référence

  • Gasparin A. de, 1849. Cours complet d’Agriculture. t. V. La Maison rustique, Paris, 638 p. Texte intégral sur Gallica.
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