Agronome, agronomie : étymologie - Annexe 7

De Les Mots de l'agronomie
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Date de mise en ligne
5 avril 2019
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Cette annexe se rapporte à l'article Agronome, agronomie : étymologie.

L’agronomie, technologie des productions végétales (Gasparin, 1854).

CHAPITRE PREMIER. Définition et limite du sujet de l'ouvrage.

1. L'agronomie est la science qui enseigne les moyens d'obtenir les produits des végétaux de la manière la plus parfaite et la plus économique.

2. C'est une science technologique, puisqu'elle n'a pas seulement pour but de connaître, comme les sciences pures, mais aussi celui de produire une utilité. C'est la branche technique de la phytologie ou science des végétaux. Mais la phytologie se borne à recueillir ou à faire croître le végétal pour l'observer, l'agronomie fait croître une valeur végétale.

3. La théorie d'une science technologique réunit les notions et les principes qui complètent la connaissance du sujet sous le rapport de l'application ; notions et principes que la science mère peut avoir négligés, parce qu'elle cherchait seulement à connaître le sujet et que la science technologique veut, de plus, l'utiliser; ainsi l'agronomie étudie les lois de la végétation applicables aux besoins de l'homme.

4. Au-dessous de chaque science technologique se trouve son application matérielle. Celui qui se dirige d'après les lois de l'agronomie, c'est l'agriculteur; celui qui exécute matériellement les principes de l'agriculture, c'est le cultivateur. Le cultivateur est l'artisan, l'agriculteur est l'artiste, l'agronome est le savant qui ouvre la voie dans laquelle les deux autres doivent marcher. (Cours d'agric., t. V, p. 421.)

5. L'agronome aura rempli sa tâche quand, pénétré des principes de la phytologie, avec le secours des sciences qui ont pour objet les forces, la matière, les capitaux, il aura indiqué les lois de leur réaction mutuelle, pour parvenir à la production la plus utile aux intérêts de ceux qui les mettent en pratique.

6. Pour mettre de l'ordre dans cette étude, nous rechercherons d'abord les faits qui sont communs à toutes les plantes, ce qui nous dispensera de répétitions inutiles dans leur étude particulière ; nous examinerons ensuite ce qui se passe dans la croissance simultanée ou successive de plusieurs générations de la même plante ou de plantes différentes sur le même terrain ; nous montrerons enfin comment doivent être organisées, dirigées mises en œuvres les forces de diverses natures que l'on fait concourir à la production, de manière que le maximum de valeur des produits soit le résultat du minimum de valeur des forces.

7. Nos devanciers avaient confondu, sous le titre général d'agriculture, la culture des végétaux et l'élève des animaux; parce que souvent, les deux industries se trouvent réunies dans les exploitations, s'entraidant et se complétant l'une l'autre. Mais elles se trouvent aussi fréquemment séparées, chez les peuples pasteurs qui élèvent sans cultiver ; et chez les nations qui cultivent sans élever (la Chine, les nombreuses situations où l'on peut se procurer abondamment des engrais, les cultures maraîchères, les forêts, etc.). Les deux sciences qui s'occupent de ces deux classes de corps organisés, la zoologie et la phytologie, sont encore trop séparées dans leurs procédés pour qu'il soit possible de les confondre dans une même étude. L'étude plus approfondie des principes de la vie tend sans doute à les rapprocher et à réunir un jour dans une synthèse commune la science des corps organisés ; mais cette réunion serait aujourd'hui prématurée, et nous devons conserver la séparation actuelle qui facilite l'étude, jusqu'au temps où l'identité des lois qui régissent la vie animale et la vie végétale, sera assez bien constatée et reconnue, pour qu'il n'y ait plus qu'une seule physiologie.

8. Cette réserve ne nous empêchera pas de signaler les analogies que nous remarquerons entre les deux règnes. Par exemple, nous trouvons, dès le début, qu'il faut fournir aux végétaux et aux animaux des aliments et une habitation. L'habitation est fixe pour les plantes qui n'ont pas la faculté de la locomotion, et auxquelles il faut choisir une situation qui convienne à leur nature, tandis que les animaux en liberté savent trouver celle qui donne satisfaction à leurs besoins; et quant aux animaux domestiques, il est facile aussi de les placer dans une habitation convenable et de les soustraire aux intempéries qui leur sont nuisibles, en les faisant changer de place. Dans les deux cas, choisir et fournir les aliments et l'habitation convenables sont les deux premières tâches de l'agronomie comme de la zootechnie.

Référence

Gasparin A. de, 1854. Principes de l’agronomie. Paris, 232 + 42 p. : 17-20. Texte intégral sur Gallica.

Définition reprise dans :

Gasparin A. de, 1860. Cours d’agriculture, t. 6. La Maison rustique, Paris, 614 p. : 17-19. [ ]

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