Inra département Sciences pour l'action et le développement

De Les Mots de l'agronomie.

Avec un regard pluridisciplinaire et dans une perspective de développement durable, le département Sciences pour l'action et le développement (SAD) de l'Inra conduit des recherches centrées sur l'innovation agricole et territoriale.

Sommaire

Les missions du département SAD

  • analyser les systèmes sociotechniques et socio-écologiques et leurs dynamiques, au niveau des exploitations agricoles, des filières et des territoires ruraux et périurbains. Un système sociotechnique est défini comme une configuration relativement stable d'institutions, de techniques et artefacts, de règles, de pratiques et de réseaux d'acteurs, qui détermine l'utilisation et le développement des technologies. La notion de système socio-écologique met l'accent sur le fait que les sociétés humaines ne sont pas fondamentalement séparées de la nature. Les systèmes socio-écologiques sont constitués par les sociétés humaines, les systèmes naturels et leurs interrelations.
  • développer des concepts et démarches pour favoriser les processus d'innovation et accompagner les transitions, tant au niveau de l'action individuelle que de l'action collective ou publique.

La finalité de nos recherches : contribuer aux processus d’innovation

Dans nos travaux, l’innovation peut être technologique, systémique (développement de systèmes agricoles innovants), organisationnelle (évolution du conseil agricole), institutionnelle ou réglementaire (mise en place de mesures agri-environnementales à obligation de résultat, par exemple). Au-delà de sa contribution à la conception d'innovations, le département Sad s’intéresse aux processus qui entourent l'innovation. Quelles démarches peuvent la favoriser ? Quelles en sont les conséquences sociales, organisationnelles et économiques ? Quelles opportunités, mais aussi quelles tensions et exclusions entraînent la diffusion des innovations ?

Champ d'action du SAD

  • Un objet d’étude identitaire : le territoire

Le territoire peut être défini comme une zone géographique aux frontières délimitées, organisée et pilotée par les activités de différents groupes d'acteurs locaux. Nous portons une vision globale et décloisonnée des territoires en appréhendant simultanément, dans leurs dimensions écologiques, techniques et socio-économiques, les interactions entre cultures, élevage et forêt, entre production agricole, transformation et consommation, entre acteurs agricoles et non agricoles, entre recomposition de l’action publique et stratégies des acteurs privés.

  • Des démarches tournées vers l’action

Aider à l’action ne se résume pas à concevoir des innovations de rupture mais suppose également de faciliter les transitions vers de nouveaux systèmes agricoles. Il s’agit de comprendre les ressorts de l’action, d’en mesurer les conséquences et d’étudier comment l’action génère des dynamiques d’apprentissage. Nos recherches pluridisciplinaires associent pour cela l'agronomie, la zootechnie des systèmes d'élevage, l'écologie, avec des disciplines de sciences humaines et sociales (sociologie, géographie, sciences de gestion, économie, etc.) Elles sont conduites en partenariat, avec l'objectif d’aider nos partenaires à résoudre leurs problèmes. Nous développons notamment des démarches originales de recherche participative, telles que la modélisation d’accompagnement et la co-conception de nouvelles technologies.

Priorités scientifiques

Nos priorités scientifiques sont de développer une agroécologie pour l'action et de renforcer notre contribution à l'innovation.

  • Développer une agroécologie pour l’action[1]
    • la conception et l’évaluation des innovations en prenant en compte leurs impacts sur les services écosystémiques, leurs performances économiques dans les exploitations agricoles et les filières, leurs incidences sur le travail, l’emploi, l’équité sociale et la sécurité alimentaire.
    • la transition vers des pratiques agroécologiques dans les exploitations : avec quels processus de gestion adaptative, quelles sources de flexibilité ? Avec quelle combinaison entre des savoirs d'agriculteurs et des connaissances scientifiques ?
    • la co-évolution des composantes sociale et écosystémique au niveau des territoires : quels sont par exemple les coordinations, les concertations, les conflits entre acteurs territoriaux qui sont associés au développement de stratégies spatialisées de contrôle des ravageurs, à la diversification des cultures, au recyclage des déchets ou au développement de circuits courts ?
    • l’évolution des compétences et des métiers des agriculteurs et de leurs conseillers en rapport avec un nouveau paradigme de production.
    • la conception et l’évaluation de modalités d’action publique visant à favoriser la transition vers des systèmes agroécologiques.
  • Contribuer à l’innovation[2]
    • comprendre comment l’innovation rencontre les stratégies des acteurs et leurs situations d’action,
    • analyser comment ces innovations modifient les logiques d’action et induisent des effets non intentionnels,
    • évaluer dans quelle mesure ces innovations constituent une source de progrès mais aussi une source d’exclusion pour certains.

L’ingénierie de l’innovation s’intéresse à la conception, au développement ou à la conduite de projets d’innovation. Alors que dans l’industrie, l’innovation-produit résulte d’un processus interne à la firme, l’innovation agricole ou territoriale est souvent une innovation-process, systémique ou organisationnelle, et résulte d’interactions entre de nombreux acteurs. Nos recherches portent en particulier :

  • sur les démarches de conception innovante en partenariat,
  • sur la conduite de projets d’innovation dans un organisme de recherche,
  • sur les démarches d’évaluation intégrée pour l’exploration collective d’innovations organisationnelles au niveau de territoires.

Quelques chiffres

Le département Sciences pour l'action et le développement est l'un des 14 départements de recherche de l'Inra.

  • Il regroupe 241 agents titulaires Inra, dont 128 chercheurs et ingénieurs et 113 techniciens et personnels administratifs.
  • Il accueille environ 80 doctorants et post-doctorants.
  • Il réunit 13 unités de recherche, 3 unités expérimentales et 2 unités d'appui à la recherche, localisées sur l'ensemble du territoire français.

Voir aussi

Notes

  1. L’agroécologie vise à identifier de nouveaux modes de production agricole durable en prenant en compte les dynamiques territoriales, écologiques, économiques et sociales.
  2. Nos recherches portent sur l'impact et les conditions d'adoption des innovations, d’une part, sur l'ingénierie de l’innovation, d'autre part. Une innovation technologique ne se développe pas sans induire des transformations, parfois profondes, non seulement des pratiques, mais aussi des savoirs, des réseaux d’acteurs, ou des relations marchandes. Inversement, la difficulté à faire évoluer les façons de faire et les formes d’organisation peut bloquer le développement d’innovations.
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