Assolement, rotation, succession, système de culture : fabrication d’un concept, 1750-1810

De Les Mots de l'agronomie.

Avertissement
Concernant un ensemble aussi riche et complexe que les assolements, rotations et systèmes de culture, plusieurs articles seront nécessaires. Celui-ci ne traite que de la création de ces mots : quand, avec quel sens, dans quel contexte.

Auteur : Pierre Morlon

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Article accepté le 26 février 2013
Article mis en ligne le 26 février 2013


« Il paraît que c’est aux Flamands que l’agriculture est redevable de l’invention de ces cours réguliers qui ramenant les mêmes récoltes dans une rotation constante, maintiennent une fécondité dont chaque année fournit la preuve. C’est dans un pays fertile que l’idée de demander à la terre tous les ans une récolte, a dû prendre naissance » (Pictet, 1801 : 43.).


Préambule

Le titre de cet article surprendra plus d’un lecteur, pour deux raisons.

La première : les techniques et pratiques que nous nommons assolement, rotation, système de culture… sont très anciennes, et les cultivateurs ont toujours eu des mots pour en désigner les réalités concrètes (voir par exemple l’article « Menus grains »). Ce dont je traite ici est le discours savant, celui des « agronomes » (mot datant de 1760) visant à construire des systèmes théoriques, et qui ont mis des noms abstraits sur une façon, qu’ils proclamaient nouvelle, de concevoir ces choses. D’où le choix du mot fabrication, qui n’est pas neutre.

La deuxième : de nos jours, rotation et succession sont des notions exclusivement temporelles, tandis que sous assolement on met des surfaces en hectares. Ceux qui prennent ces mots comme synonymes se font traiter d’ignorants. Mais ce sont ceux qui les critiquent qui ignorent l’histoire…


Une seule définition pour plusieurs termes

En agriculture, les mots rotation (identique en français, anglais, allemand, espagnol...), succession et assolement nous sont si familiers et nous semblent si évidents, tant ce qu’ils désignent est ancien, que nous n’imaginons pas que ces mots n’ont guère plus de 200 ans ! A l’inverse, on croit souvent l’expression système de culture beaucoup plus récente... Or tous ont été créés dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle (annexe 1), en concurrence avec d’autres abandonnés par la suite : ordre de culture, cours de moissons ou de récoltes, marche. Ils étaient alors synonymes, et souvent utilisés indifféremment dans le même texte (annexe 2) - une synonymie d’origine, dont il reste les expressions « tête d’assolement » et « queue d’assolement » pour désigner la première et la dernière culture d’une rotation.

Ils désignaient la liste chronologique des espèces cultivées qui se succèdent de façon répétée (des variantes étant admises selon les circonstances), avec l’indication des principales opérations culturales et du moment où on les réalise. La répartition des surfaces correspondant à cette succession temporelle était parfois aussi indiquée.

Le contexte de cette création multiple sera évoqué à la fin de cet article.


Assolement

Les mots sole (solle, sol), assoler ou mettre en sole, dessoler, qui désignent des objets ou des actions concrètes, existent depuis le Moyen Age. Dans certaines régions, on employait saison et ses dérivés comme enseysoner (Seneschaucie, ca. 1275) et désaisonner, que la plupart des auteurs anciens disent synonymes de sole et ses dérivés, ou utilisent comme tels.

Le concept abstrait d’assolement n’apparaît que beaucoup plus tard à notre connaissance. Duhamel du Monceau l’emploie une fois dans ses Éléments d’agriculture en 1762 (2 fois en 1779). De ce texte, que nous citons largement en annexe 4, nous retiendrons ici deux points :

  • - sous les mots assoler et assolement, Duhamel ne met que du temporel (1e année, 2e année...), alors que, sous ordre de cultures ou simplement culture, Pattullo (1758) liait les aspects temporel et spatial ;
  • - il souligne que les « nouveaux » « systèmes » ou « méthodes » proposés par Pattullo ne sont guère différents de ce qui se pratiquait couramment dans certaines régions de France : « Rapprochons de ces pratiques ((de Normandie)) le système de culture de M. Pattullo » ; « Cette méthode que M. Patullo propose pour les terres fertiles, revient assez à la culture qu’on nomme en Normandie Varet. » ; « Cette méthode ((de M. Pattullo)) ne s’éloigne pas beaucoup de ce qui se pratique aux environs de Bayeux. ».

Malgré le succès du livre de Duhamel, l’adoption du mot assolement ne fut pas immédiate. On le trouve très rarement avant 1796, où le premier volume de la Bibliothèque Britannique publiée à Genève - le même qui, à notre connaissance, introduit en français le mot rotation - l’emploie une quarantaine de fois. Il rentre alors dans le vocabulaire courant.


Rotation

L’introduction du mot en français

Cette acception agricole du mot a été importée de l’anglais où elle apparaît en 1778 dans Present State of Husbandry in Scotland, d’Andrew Wight. Voici la définition qu’en donne en 1799 Bordley, avocat des rotations aux USA :

« A recurring rotation of crops is the completion of as many years crops of the same kinds, in regular changes from field to field, as there are fields cultivated; and which form a cycle or round of such crops as will recur in the same order for ever. But where, for instance, there are seven fields, if the farmer proceeds on the designed system, but stops short of the seven years, it is not a rotation, but is only a course of crops for so many years as it has been continued; for there is no cycle or round of crops completed. » (p. 2-3). Texte que Pictet (1808 : 88) traduit ainsi : « Une rotation de récoltes est le retour régulier d’un aussi grand nombre de diverses productions, qu’il y a de pièces dans la ferme soumises à cette culture. Il n’y a point de terme à ce retour périodique des récoltes. Mais si le fermier a sept pièces, et qu’avant la septième année, il suspende le cours de ses récoltes, ce n’est plus une rotation, c’est une simple succession, car il n’y a pas de retour réglé de la même récolte. ». (Noter le lien entre aspects temporel et spatial).

Cette définition est neutre. En Écosse, Wight en 1778 donne comme modèles des rotations incluant la jachère (fallow), introduite un peu plus tôt comme un progrès (Sigaut, 1975). Bordley (1797 : 5) écrit, sous le sous-titre “English new rotation of crops”, « The better course of husbandry now well experienced and approved of in England, is founded on these principles : To fallow, and to have growing on the fallow, while it is yet under the plough or hoe, a shading and ameliorating crop; (...) ». Pour ces auteurs, il y a de bonnes rotations avec comme sans jachère. Dans ses Travels... (1792), Arthur Young, ennemi de la jachère et des « detestable common rights », critique « the miserable rotations commonly practised in France  » (1, jachère ; 2, froment ; 3, blé de printemps), qu’il juge « barbarous » (p. 346-347), mais il les nomme bien rotations - terme qu’il emploie presque indifféremment avec course of crops (les deux premières traductions en français de ses Voyages..., en 1793 et 1794, traduisent l’anglais rotation par cours).

Certains auteurs français font des textes anglais une lecture différente de celle de Bordley : ils ne retiennent et ne citent que des rotations sans jachère. Pour eux, le traditionnel assolement triennal (jachère – blé d’hiver – culture de printemps (appelée [[mars]], trémois, menus grains...)) n’est pas une rotation, et le mot rotation n’a aucune relation avec la rotation dans l’espace des soles villageoises. Il en est ainsi des Mélanges agronomiques rédigés d’après la pratique et l’expérience des meilleurs fermiers anglais, publié anonymement en 1799 à Leipzig par un français émigré (voir annexe 5).

Pourquoi pas plus tôt ?

La notion de cycle temporel existait dans l’Antiquité, à l’échelle annuelle : la révolution annuelle du soleil, entraînant le retour des saisons ; « le travail des laboureurs revient toujours en un cercle, et l’année en se déroulant le ramène avec elle sur ses traces » (Virgile, Géorgiques, livre 2, traduction Rat). L’agriculture méditerranéenne, objet des textes de l’Antiquité qui ont tant marqué la littérature agricole jusqu’au XIXe siècle, faisait alterner les cultures (ou culture et repos) sur 2 ans, impliquant une image de va-et-vient et non de rotation : « ferés des prairies & terres labourables à volonté : préeant & défricheant les unes & les autres alternativement par années, pour tousjours avoir des terres & prés nouveaux, & par ce mesnage, chaque année abondance de blés & foins » (Olivier de Serres, 1605 : 8).

L’assolement triennal, apparu plus au nord, avait sur le biennal l’avantage d’un meilleur emploi des attelages conduisant les charrues (de Henley, ca. 1280, voir Comet, 1992) grâce à la complémentarité des calendriers de travail, « les travaux nécessaires à la culture des grains de mars s'intercalaient parfaitement dans les périodes creuses du calendrier cultural des grains d'hiver » (Sigaut, 1976) : ce qui implique de représenter (au moins mentalement) les années, non bout à bout sur un cercle, mais en parallèle, comme l’a fait Moriceau (1998) pour montrer le fonctionnement effectif de l’assolement triennal (fig. 1). Dans les agricultures non motorisées, l’étalement du travail sur toute l’année est une raison aussi forte que le maintien de la fertilité pour avoir inventé des rotations.

Fig. 1 : Le calendrier des cultures, Ile-de-France, XVIe-XVIIe siècles
(d’après Moriceau, 1998)

L’image du cercle apparaît au début du XVIIIe siècle : « ... en sorte que dans un cercle de trois années toutes les terres sont alternativement en bled, en Mars & en Jacheres. Ensuite elles recommencent leur tour}comme auparavant ; & par cette circulation triennale & perpetuelle, on a toujours le tiers de ses terres en bled, le tiers en Mars & le tiers en jachere » (Liger et B., 1721 : 520). Mais ce n’est qu’après 1750 que le mot rotation, qui désignait un mouvement autour d’un axe, commence à s’appliquer à une série périodique d’opérations (Rey, dir, 2005) – acception sans doute importée d’Angleterre, où elle existait depuis 150 ans (Little et al., 1966).

La distinction rotation / assolement

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, rotation est peu employé, on lui préfère assolement. Après avoir mis le premier en sous-titre de son Traité des Assolemens, ou de l’art d’établir les rotations de récoltes, c’est le second que Pictet (1801) emploie presque toujours dans le texte. En 1809, sous la plume de Yvart, le Nouveau Cours Complet d’Agriculture (Thouin et al.) consacre 80 longues pages à assolement (t. 2, p. 1 à 80), et expédie rotation en quelques lignes... au passé : « ROTATION. On a appliqué ce mot à l’agriculture pour désigner l’ordre de succession dans lequel les végétaux soumis à nos cultures ordinaires peuvent se suivre avantageusement sur le même champ, pendant une série d’années plus ou moins prolongée, conformément aux principes d’ASSOLEMENT. Voyez ce mot et les mots ALTERNAT, JACHÈRE et SUCCESSION DE CULTURES, où ces principes sont établis, développés et confirmés par un très grand nombre de faits authentiques et concluans, tirés de l’agriculture française même. » (t. 11, p. 267-268).

Dans la traduction de Thaër par Crud (1811), la rotation est le contenu temporel de l’assolement, ce dernier incluant de façon indissociable les dimensions spatiale et temporelle : « Ce sont les motifs que je viens d’énoncer qui ont donné naissance aux systèmes d’assolement triennal [Dreifeldersystem] composé, ou plutôt aux assolemens de 6, 9 et 12 ans, lesquels sont suivis d’une manière assez réglée dans plusieurs exploitations rurales. Ces assolemens comprennent les rotations suivantes [Diese Systeme haben folgende Rotationen] : 1. Jachère, 2. grains d'automne, 3. grains de printemps, 4. pois et trèfle, 5. grains d'automne, 6. grains de printemps » (suivent les rotations de 6 et 9 ans) ([1809] 1811 : 287).

Plus tard, croyant clarifier les choses, des agronomes élaborent - avec quelque difficulté - la définition actuelle des deux termes. Gasparin (1849) définit ainsi le sens actuel d’assolement : « l'assolement exprime dans l'étendue ce que le cours de culture exprime dans le temps, et la rotation est l'accomplissement, dans le temps et dans l'étendue, de la succession de culture sur toutes les terres de l'assolement » (annexe 6).

Système de culture

Dans la littérature agricole française de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le mot système – qui désigne, de façon générale, un ensemble de choses reliées entre elles - s’applique plus particulièrement à des nouveautés : théories nouvelles ou ensembles de pratiques importées (d’Angleterre).

Nous avons vu que Duhamel du Monceau appelle système de culture ce que propose l’Écossais Pattullo, et assolement ce qui se pratique couramment en Normandie – pour conclure que c’est la même chose et que donc le système de Pattullo n’apporte rien de nouveau. A l’opposé, La Salle de l’Étang (1764) juge ce dernier impraticable : « Il n’y a pourtant pas d’apparence que, depuis qu’on cultive, on ait jamais tenté un pareil système ; (...) M. Patullo, sans s’apercevoir qu’il alloit contre les premiers principes de l’Agriculture, n’a pas hésité de proposer son grand système d’herbages & de bestiaux (...). Voilà pourquoi M. Patullo n’annonce pas, qu’il ait pratiqué lui-même le systême qu’il propose : on n’en est pas étonné », etc. (p. 294, 295, 303-304).

Deux opinions opposées mais, dans les deux cas, une connotation péjorative du mot système, comme très souvent à l’époque : « Simplifions tout : point de systême. Offrons au cultivateur des exemples frappants qu’il puisse voir, concevoir, & exécuter. N’embarrassons point sa tête d’écrits qui ne font que l’induire en erreur (...) » (Mémoire sur l’agriculture anonyme, 1774 : 11-12) ; « Il seroit donc très-important de renoncer à un systême hypothétique fondé sur des paroles & sur des idées peu vraisemblables » (Fabbroni, 1780 : 39) ; « Tout devient extrême pour l’homme qui adopte un système ; il se laisse entraîner malgré lui à son imagination, il adopte comme des réalités, les chimères qu’elle lui présente » (Rozier, 1784, t. 5 : 720) ; « L’esprit de systême & de contradiction aurait bien de la peine à ramener sur leurs pas ceux que l’économie & l’expérience auraient éclairés à cet égard (...) (Parmentier, 1788 : 56) ; « Je n’ambitionne point la gloire de créer un système, ni de l’élever sur les débris des autres » (Maréchal, 1796 : 59) ; « presque tous les livres d'agriculture qui ont paru depuis un demi-siècle, traitent moins de l'économie rurale, que de nouvelles découvertes et de systêmes entièrement opposés aux anciennes pratiques » (Chrestien de Lihus, 1804 : vii-viii), etc...

D’autres auteurs, comme Lavoisier, emploient système sans connotation.

Éléments de contexte

Le contexte doit être évoqué ici sur deux plans, étroitement liés entre eux :

Ignorance scientifique

« Actuellement même que l’opinion publique est fixée sur ses avantages [de l’Agriculture], on a lieu d’être étonné de ce qui reste, non de découvertes à faire ; ce calcul, s’il était possible, serait immense » (Broussonet, 1786 : 13.).

Répéter une même espèce cultivée sur un terrain en réduit en général le rendement. C’est en particulier le cas du froment, base de l’alimentation, dont le manque était souvent cause de disettes. D’où l’intérêt ou la nécessité, connus de toute antiquité, de varier les récoltes ou de laisser reposer le sol. Mais on en ignorait totalement les mécanismes. Les débats se focalisent alors sur l’alimentation des plantes, comme l’illustre en 1750 le Traité de la culture des terres, selon les principes de M. Tull, Anglois de Duhamel du Monceau (voir annexe 3) - les théories les plus courantes étant que les différentes récoltes ne puisent pas dans le sol les mêmes sucs ou substances, ou pas à la même profondeur (voir Delaporte, 1979) ; il faudra tout le XIXe siècle pour commencer à identifier les grands mécanismes par lesquels les plantes obtiennent les différents éléments dont elles sont constituées .

A notre connaissance, les questions de santé des plantes (maladies, parasites) sont totalement absentes des débats. Tillet (1755) avait bien montré expérimentalement que le sol pouvait transmettre la carie du blé : « la poussière des grains cariés, répandue sur quelques-unes de mes planches avant qu’elles fussent ensemencées, y devint la source de l’infection d’un grand nombre d’épis » (p. 139) mais, si l’on en conclut que les cultivateurs avaient raison de traiter leurs semences à la chaux, on ne perçut pas alors que cela suggérait d’autres explications à la pratique de varier les récoltes.


Les cultivateurs n’adoptent pas des systèmes nouveaux qui qui ne marchent pas, voire sont nocifs à long terme, car fondés sur des théories erronées comme

  • celle de Tull (les plantes se nourrissant de particules de terre finement divisées, il suffit de multiplier les labours pour assurer la fertilité du sol, sans aucun apport d’engrais) : « cela réussit d’abord, sur un sol fertile, et qui, depuis long-tems, avait été abondamment pourvu d’engrais (...) Mais cela ne dura que peu d’années, par-tout où l’on continua à retrancher le fumier, la fécondité du sol fut détruite à tel point, que des engrais réitérés purent à peine rendre à la terre une fertilité médiocre » (Thaër, [1809] 1811 : 211).
  • ou celle de l’humus, qui conduit à affirmer la possibilité de remplacer la jachère par des « cultures restituantes » (Yvart, 1809b : 350) suffisantes à elles toutes seules pour maintenir la fertilité perpétuelle de la terre: mais, dès 1809, Thaër constate : « On introduisit successivement, dans la sole des jachères, du colza d'automne et de printemps, de la navette, des pavots, du pastel, du chanvre, du lin, du tabac et plusieurs autres plantes de commerce ou récoltes racines, et divers légumes pour la nourriture de l’homme. Mais on s'aperçut bientôt qu'il en résultait une diminution sensible dans les récoltes de céréales, lorsqu'on ne prévenait pas le mal par une augmentation d'engrais et par une culture plus soignée. » ([1809] 1811 : 280). Que ce texte soit repris par Boussingault (1844 : 264-265), montre qu’à cette date on n’avait pas encore résolu le problème ! On comprendra plus tard pourquoi : en l’absence de nouveaux apports extérieurs, les rendements plus élevés permis, à court terme, par l’introduction de légumineuses dans la rotation, rendent encore plus limitant le phosphore (Boulaine, 1992), voire d’autres éléments, d’où, à long terme, des rendements encore plus bas qu’avant !

Controverses socio-techniques

Dans ce que Marc Bloch (1930) a appelé « la lutte pour l’individualisme agraire », des propriétaires veulent diviser et clore les communaux et supprimer les servitudes collectives de parcours et vaine-pâture, à l'imitation des enclosures anglaises - l'impitoyable élimination des petits et moyens cultivateurs au profit d’immenses domaines - pour produire tous les ans, en supprimant la jachère. De longues successions de récoltes différentes devaient remplir l’objet de cette dernière : maintenir la fertilité de la terre en extirpant les mauvaises herbes et en évitant l’épuisement des “sucs nourriciers” nécessaires aux récoltes.

Mais la vaine-pâture sur les jachères permettait la survie des pauvres (La Salle de l’Étang, 1764), et les cultivateurs n’adoptent pas des systèmes :

  • - qu’ils ne peuvent mettre en œuvre, faute de moyens,, ce que souligne Lavoisier, « En considérant tous ces avantages, vous êtes étonnés, Messieurs, de ce que ce système de culture [anglais] ne s'est point introduit plus tôt en France, de ce qu'il n'est connu que dans un très petit nombre de provinces, de ce qu'il n'est point adopté partout. Mais vous oubliez qu'il exige des avances très considérables, et que les cultivateurs des campagnes sont hors d'état de les faire » [1788] 1893 : 261), ou en 1789 la Société Royale d’Agriculture : « ... la pratique funeste du long repos des terres & celle des jachères, systêmes que la disette seule des engrais & l’impuissance des Cultivateurs ont rendu continuellement nécessaires » ;
  • - ou qui ne sont pas rentables pour eux, à cause de la trop courte durée des baux, « ce n'est qu'au bout de huit à dix ans qu'un fermier commence à recueillir le fruit des améliorations qu'il a faites, et ce terme excède déjà la durée des baux ordinaires » (Lavoisier, [1787] 1893 : 214 et [1788] 1862 : 816). Mathieu de Dombasle expliquera que « le meilleur assolement est celui qui donne le produit net le plus élevé, en entretenant la terre dans un état de propreté suffisant, et en accroissant sa fécondité (...). Pour ces deux dernières conditions, toutefois, on comprend bien que la position du fermier, surtout s'il n'a pas un bail fort long, n'est pas la même que celle du propriétaire : tel assolement pourrait être excellent pour ce dernier, qui ne serait réellement pas profitable à l'autre » ([ca. 1840] 1862 : 211). Il faut y ajouter la fiscalité confiscatoire du Royaume de France (Boisguilbert, 1697 & 1707), qui frappait lourdement le peuple, mais dont étaient exemptés la noblesse et le clergé... classes dont étaient issus ou à qui s’adressait la majorité des « agronomes ». Ayant fait le compte de ce qui va au propriétaire et aux impôts, Lavoisier affirme en 1788 : « les semences prélevées, il reste environ un tiers au cultivateur pour son entretien, sa nourriture, ses frais d’exploitation, le remboursement de l’intérêt de ses avances, et ses dépenses de toute espèce. (…) il ne reste, à la fin de l’année, presque rien au malheureux cultivateur. (…) Ce tableau doit plus affliger que surprendre. Il est tout simple que, dans le combat perpétuel d’intérêts qui existe entre les propriétaires et les cultivateurs, les premiers, les propriétaires, portent le prix des baux au dernier période auquel ils peuvent les élever ; ils doivent donc entamer le plus qu’il est possible sur l’aisance du cultivateur, et le réduire à la plus stricte subsistance » ([1788] 1862 : 821).
« Mais je l’entends se plaindre cette patrie, du peu de succès de l’agriculture ! Seroit-ce de la faute du cultivateur (...) ? (...) L’indocilité du laboureur en seroit-elle la cause ? Je ne vois pas jusqu’à présent, qu’on lui ait montré d’exemples utiles à suivre. » (Crasquin, 1771 : 9-10).

L'Anglais Arthur Young, qui eut une énorme influence, se croyait sincèrement l’avocat du progrès en agriculture ; mais Allen & Ó Gráda (1988) ont montré à l’aide des chiffres mêmes qu’il avait recueillis au cours de ses voyages, qu’il n’y avait aucune différence significative de performance entre les agricultures qu’il tenait pour avancées et celles qu’il considérait comme arriérées. Le « progrès » d’Arthur Young n’est donc pas un progrès en termes de résultats physiques (production, rendements) mais seulement… un progrès de la rente foncière, ce qui n’est pas du tout la même chose (Sigaut, 1995).

Fig. 2. Les « nouveaux » assolements sans jachère : une très longue « révolution »
(en vert, les conditions ayant permis des systèmes sans jachère).
Voir Tits-Dieuaide, 1981, Derville, 1987 et Charruadas, 2007 pour Flandre et Brabant ; Campbell, 1983 pour Norfolk.

Les mots assolement, rotation, etc., apparaissent après 1750, mais désignent des choses qui existaient depuis le Moyen-Age :

  • ce qu’on a appelé, au début du XIXe siècle, assolement triennal ou quadriennal et qui, dans certaines régions, intercalaient plusieurs années de prairies, appelées pâtis ou friche (Sigaut, 1976) ;
  • « dans le seizième siècle, nous trouvons des assolements de plusieurs années avec succession de plantes fourragères et alimentaires ou industrielles, établis dans les pays où la richesse était la plus développée, et qui par la faveur du climat, ou par celle des irrigations, jouissaient de terres fraîches, propres à ce genre de culture » (Gasparin, 1849 : 13). Hors agriculture méditerranéenne, remplacer la jachère par diverses cultures (froisser la jachère) avait été inventé en Flandre, Brabant et nord-Artois au XIIIe siècle (Tits-Dieuaide, 1981 ; Derville, 1987 ; Charruadas, 2007), et on en trouve vite des mentions ailleurs en Europe, comme à Norfolk (Campbell, 1983). Que cela fût souvent interdit - pour ne pas épuiser la terre – indique que de nombreux cultivateurs tendaient à le faire (Neveux, 1975 : 23 ; Jacquart, 1975 : 225 ; Saint Jacob, 1995 : 263-4 ; Moriceau, 1998 & 1999 : 122-133 ; Vivier, 1998)... du moins lorsque les conditions techniques, économiques et juridiques) en étaient réunies, comme en Flandres (Sigaut, 1976, Derville, 1999) : or, sur la plus grande partie de la France, elles ne commencèrent à l’être, très lentement, qu’après 1840.

Ainsi, ce que certains auteurs ont appelé à tort « révolution agricole du XVIIIe siècle » a consisté à présenter comme nouvelles et applicables partout, des choses inventées cinq siècles plus tôt (au XIIIe siècle !) et qui exigeaient la réunion de conditions bien précises de milieu naturel, population et moyens de transport. C’est ainsi qu’après un très long – 500 ans ! détour par l’Angleterre (Kerridge, 1967 ; Campbell, 1983 ; Beauroy, 1998), ces choses n’ont pu se généraliser en France qu’entre 1840 et 1950[1]  ! (fig. 2.).

« On ne peut se le dissimuler, quoique les Écrivains aient été prodigues de conseils, il ne s’est opéré en Agriculture (...), aucune révolution sensiblement avantageuse. Si l’on en croit la plupart des Auteurs, la faute doit en être attribuée au Cultivateur, comme si celui qui entreprend d’instruire les autres, n’était pas toujours comptable de l’inutilité de ses leçons. » (Broussonet, 1786 : 13.).

Incapables de proposer des innovations adoptables par les cultivateurs, les théoriciens sont réduits à condamner les pratiques paysannes ; et, porte-paroles de propriétaires furieux de ne pouvoir augmenter leurs rentes – non par une plus grande production physique, alors inexistante à long terme[2], mais au détriment des pauvres - certains d’entre eux se déchaînent contre l’« ignorance », la « paresse », l’« incurie » et la « routine » des cultivateurs, qui font obstacle à un progrès technique permettant de « nourrir l’humanité ».

Notes

  1. Il restait encore des jachères au milieu du XXe siècle (Joret & Malterre, 1945 : 203-205 ; Michot, 1952 ; Spindler, 1952), « celle-ci a pratiquement disparu avec le développement de la culture intensive ; toutefois, elle peut encore se justifier économiquement dans des régions particulièrement pauvres où elle constitue une bonne préparation aux céréales d’hiver. » (Demolon, 1948 : 394). L’assolement de Norfolk figure encore parmi ceux recommandés en 1948 ! (Martin, 1948)
  2. Si, tant en Flandre (Derville, 1987) qu'à Norfolk (Campbell, 1983, les hauts rendements de 1800 étaient atteints dès 1300, dans la majeure partie de la France ceux de 1850 sont bien proches de ceux de 1700 ou 1750...


Références citées

  • Allen R.C., Ó Gráda C., 1988. On the road again with Arthur Young. English, Irish and French Agriculture during the Industrial Revolution. The Journal of Economic History, 18 (1): 93-116.
  • anonyme, 1774. Mémoire sur l’agriculture. Neuchâtel, 31 p.
  • anonyme, 1799. Mélanges agronomiques, rédigés d’après la pratique et les expériences des meilleurs fermiers anglais. Leipzig, .
  • Beauroy J., 1998. Les coke de Holkham Hall et l’essor du Norfolk System of Husbandry. Histoire et Sociétés rurales, 10 : 9-45.
  • Bellepierre de Neuve-Église L.J., 1761. Le patriote artésien. Paris, 362 p.
  • Bibliothèque britannique, Vol. 1, 1796. (M.A & C. Pictet, F.G. Maurice, eds). Genève, Imprimerie de la Bibliothèque Britannique, 515 p.
  • Bloch M., 1930. La lutte pour l’individualisme agraire dans la France du XVIIIe siècle : l’œuvre des pouvoirs d’ancien régime. Annales d’Histoire économique et sociale, II, p. 329-381 [1]. Réimpression : Mélanges Historiques, SEVPEN, Paris, 1963, p. 593-637.
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Pour en savoir plus

Articles et ouvrages

  • Morlon P., Sigaut F., 2008. La troublante histoire de la jachère. Pratiques des cultivateurs, concepts de lettrés et enjeux sociaux. Quae, Versailles / Educagri, Dijon, 325 p. [15]
  • Sigaut F., 1976. Pour une cartographie des assolements en France au début du XIXe siècle. Annales E.S.C, 31 (3) : 631-643. [16]
  • Sur Mathieu Tillet et les maladies des blés :
    • Denis G., 2001. Pratiques paysannes et théories savantes préagronomiques. Le cas des débats sur la transmission des maladies des grains de blé. Rev. Hist. Sc., 54 (4) : 451-494. [17]
    • Denis G., 2012. Mathieu Tillet et les maladies des blés (1751-1759) : champ d'expériences et savoirs paysans. C.R. Acad. Agric. Fr, 97 (4) : 10-19.
  • Sur la « révolution agricole » du XVIIIe siècle
    • Sigaut, F., 2012. Qu’est-ce qu’une révolution agricole ? Le temps peut-il nous aider à penser l’avenir ? Texte intégral sur le site de Supagro Montpellier.
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